Salut l'Afrique !


Depuis quelques jours, nos pieds foulent à nouveau le continent européen. Nous avons dit ‘au revoir’ au Maroc, difficilement.


Les derniers jours au bord de la Méditerranée furent sereins et inspirants. Les environs de Taghazine nous ont particulièrement plu. Plage de sable fin, eau turquoise, on en a vraiment trouvé une paradisiaque. Le vent est de la partie, il souffle assez fort pour que les cheveux nous fouettent le visage, pas assez pour abimer l’instant. De vieilles barques en bois sont échouées là depuis trop longtemps, terrain de jeu tout trouvé pour nos moussaillons qui vont se perdre ou se trouver dans mille histoires toute l’après-midi. Les montagnes environnantes complètent un tableau très nature, très serein. Devant tant de beauté, on ne sait pas si les émotions sont plus fortes ou plus calfeutrées. Comment avons-nous pu passer autant de temps à l’intérieur par le passé alors que la simple chaleur du soleil sur nos peaux s’avère si tendre et indispensable aujourd’hui ?


Par la suite, nous sommes allés jusqu’à Beni Issi où nous avons passé trois jours dans la famille de Kader, Brahim, Fatima et la liste est longue. C’est la première fois que nous passons autant de temps chez des gens qui nous invitent. Ils finissent pas ne plus vouloir nous laisser partir… Nous sommes interpellés par cette générosité et cette hospitalité tout à fait gratuite. Nous percevons que c’est culturel, ici on est tous frères comme dit Ahmed. Nous n’apportons rien d’autre que notre présence et un pot de confiture (faite avec les fraises marocaines !) et ils nous ouvrent néanmoins les portes de leur maison, nous invitent à leur table, lavent notre linge sans aucune demande de notre part. C’est parfois difficile à accepter vu notre mentalité de petit européen certain de son éducation. Cependant nous décelons une certaine fierté à bien nous recevoir, une envie de faire entrer l’autre chez soi et c’est encore une belle leçon que l’on prend. Ceci dit, parfois « Mange » sonne davantage comme un ordre que comme une invitation. Il faut faire honneur, les enfants l’ont bien compris, ils goûtent à tout et prennent plaisir à manger autrement.

En repartant, les embrassades sont longues, les parents, les grands-parents, les frères, soeurs et enfants sont tous présents. « Vous avez de la famille au Maroc maintenant », nous disent-ils. « Soyez toujours les bienvenus ». Cela doit être la phrase que nous avons le plus entendu ces deux derniers mois. Ils nous saluent encore longtemps depuis la route et nous sentons que nous avons à nouveau impacté autrui et inversement.


Le lendemain, pour la première fois de notre voyage, nous revenons à un endroit où nous sommes déjà restés. La plage de Stehat est sur notre trajet retour, nous avons descendu la côte vers l’est, il fallait bien la remonter un jour. L’envie de revoir cette plage qui nous avait plu et où Gabriel s’était réveillé pour la première fois en ayant 7 ans a motivé ce retour. Du coup, la sensation est un peu étrange. Dix jours plus tard, l’endroit est tellement identique que l’on peut se demander si l’espace temps ne s’est pas courbé, si tout ce qu’il s’est passé depuis la dernière fois est vraiment arrivé.

Et puis le départ se rapproche, Tanger se rapproche…

Et inévitablement le bilan se tricote dans nos têtes. Deux mois que l’on sillonne ces contrées accueillantes, que l’on rencontre, que l’on quitte, que l’on découvre et que l’on s'émerveille.


Le dernier matin, nous mettons notre réveil, cela faisait longtemps. Il ne reste plus qu’une heure de route avant de rejoindre le port où le ferry nous attend. Le soleil s’est levé discrètement, comme s’il ne voulait pas trop nous déranger. A notre départ, il est déjà monté dans la brume qui enveloppe la mer. Cela crée un halo lumineux au-dessus de l’eau, quelque chose d’irréel transpire de ce paysage.


Et puis erreur de débutant, on se trompe de port. Nous arrivons à Tanger ville alors que notre ticket est au départ de Tanger Med. Une heure de perdue, nous ratons le bateau de midi. Celui de 15h est une navette rapide, interdite aux gros véhicules, il nous faut attendre 17h. Une journée de patience s’écoule et nous voilà finalement prêts à embarquer. La traversée se déroule sereinement, dans l’obscurité, sur une mer noire et calme. Arrivée sur le continent européen dans la soirée et déjà la nostalgie de notre aventure marocaine nous gagne…


Nous gardons en mémoire l’accueil constant des habitants, leur serviabilité et cette solidarité indéfectible. L’appel à la prière qui rythme nos journées, les étals de fruits et légumes dont le goût mérite que chacun d’eux soit dégusté individuellement, les animaux qui habitent clandestinement ce pays si différent, la musique qui varie en fonction des régions et qui crée un fond sonore authentique. La liste de ce qui restera gravé est longue, impossible à décrire de manière satisfaisante avec des mots.


Et pourquoi ne pas terminer par un petit film de nos aventures ?