Retour en Europe : le Portugal


Cela fait maintenant trois semaines que nous sommes de retour sur le continent, le territoire espagnol nous accueille à nouveau. Et le Maroc nous manque déjà…

Tarifa

Tarifa et ses alentours nous accueillent avec le soleil et ses vagues merveilleuses. Après-midi au bord de l'Atlantique, il y a des bassins d'eau de mer tiède sur la plage qui font le bonheur des enfants, ils pataugent et s'inventent encore mille histoires qui les rapprochent chaque fois davantage. On sent leur monde imaginaire s'enrichir. A deux, il ne leur faut plus grand chose pour que le jeu symbolique s'enclenche. Un terrain vague, un arbre à grimper, la plage, des rochers à escalader, tout est bon pour créer un décor à leurs aventures imaginaires et pourtant bien réelles…

La soirée est douce, il y a plusieurs autres campings car sur l'espace où nous sommes garés, on sympathise. Et coup du destin, on retrouve David et Yana, rencontrés au Maroc ! Quel plaisir de retrouver de nouveaux amis, on se raconte nos aventures, on fait de la musique, on rigole et on se dit “à demain” ! Malheureusement, le sort en décidera autrement... A 23h, alors que nous dormons déjà d'un sommeil lourd des vagues affrontées la veille, la garde civile tambourine aux portes de tous les véhicules et exige que l'on quitte l'endroit. Drôle de scène, des gens en pyjama s'entraident dans leurs manœuvres pour que chaque camping car puisse sortir de l'espace sans emboutir son voisin. On se frotte les yeux, on remballe en vitesse tout ce qui traîne et une longue file de camions remonte la côte vers… On ne sait où… Pour notre part, nous roulons quelques kilomètres jusqu'à un petit village où nous nous garons sur le parking d'un restaurant. Les enfants prennent très bien la chose, aucune inquiétude, aucune colère, c'est l'aventure ! Légère déception quand même d'avoir quitté un endroit magnifique sans lui avoir dit au revoir et sans l'avoir remercié de nous avoir fait rêver. Mais d'autres paradis nous attendent, voilà une certitude qui s'est incrustée petit à petit au creux de chacun d'entre nous, sans que l'on s'en rende compte.


El Palmar et Conil

Après notre mésaventure de la veille, nous décidons de bien choisir notre lieu et nous trouvons l'endroit parfait, merci l'univers. Nous prenons le temps de nous renseigner sur les autorisations de stationnement, aucune envie de revivre l'expulsion !

Non seulement le spot est magnifique, mais nous retrouvons des voyageurs polonais rencontrés à Taragone, au début de notre voyage. Ils attendent des autorisations pour leur chien afin de traverser vers le Maroc. On en profite donc pour partager notre expérience toute récente de ce magnifique pays. On sent que cela ne fait que renforcer leur envie de le découvrir. Ils ont sympathisé avec une autre famille polonaise avec qui nous nous trouvons des atomes crochus très rapidement. Non seulement ils ont des enfants du même âge que Léa et Gabriel, mais ils vivent une aventure assez similaire à la nôtre. L'après-midi se déroule autour d'un thé, les enfants jouent avec plaisir sans pour autant parler la même langue. Cela fait un moment que ce n'est plus une barrière pour eux.

Le vent se lève et nous décidons de migrer vers la plage juste en face avant qu'il ne fasse trop froid. Le spectacle est soufflant, c'est le cas de le dire. Le vent est tel qu'il arrache l'eau des vagues, elle s’envole par nuages entiers, on dirait des flammes blanches, c'est impressionnant. Les courants sont puissants, il faut faire attention. La baignade ne sera pas longue mais la séance de bodyboard très satisfaisante malgré tout. Les enfants prennent confiance, leurs compétences s'affirment et on les voit glisser sur les vagues avec assurance et plaisir surtout. Leurs nouveaux amis leur montrent une rampe de skate qui se trouve juste à côté du parking, ils y passent la fin de journée avec leurs trottinettes au départ, puis l'engin devient rapidement un toboggan. Quel bonheur de les voir partager avec d'autres enfants.

En deux jours, les rencontres se multiplient et nous voilà maintenant plus nombreux autour de la théière. On y parle respectivement polonais, français et allemand. L'anglais ou l’espagnol comme langue commune. La ribambelle d'enfants s'allonge, c'est merveilleux.

Les quarante-huit heures suivantes s'avéreront extrêmement intenses au niveau émotionnel. Au milieu d'une après-midi entre nouveaux amis, l'un d'eux arrive paniqué, sa femme vient de chuter de leur van, elle souffre beaucoup. On apprendra plus tard qu'elle a la rotule déboîtée. Laurent restera tout le temps près d'elle, chuchotant à son oreille tous les mots pouvant éloigner son esprit de la douleur, usant de toutes les ficelles d'hypnose et de relaxation. C’est un accompagnement intense, entre l'attente de l'ambulance, la garde de son bébé et la détresse de son mari. Une incroyable coopération se met rapidement en marche entre les familles présentes sur le campement. Plus tard, quand ils rentrent de l'hôpital, un repas est prêt, le lit est fait, tout ce qui traînait au moment de l'accident a été soigneusement rangé.

Inévitablement, les liens se renforcent. Les relations se transforment et les nouveaux amis deviennent plus proches, impensable qu'on ne les connaisse que depuis trois jours.

Le lendemain, la police locale passe près du parking herbacé que nous occupons. Il n'y a qu'une dizaine de véhicules alors qu'il pourrait en contenir plus d'une cinquantaine. Derrière nous, des champs, devant nous, la plage. C'est juste l'endroit “par-fait”. Certains sont sur place depuis deux semaines. Les policiers nous demandent de quitter les lieux avant la nuit. Pas plus d'explications. Qu'à cela ne tienne, nous décidons de re-créer notre petit village un peu plus loin. Quatre familles qui se suivent dans la campagne andalouse, qui ne se résignent pas à abandonner leur sentiment de liberté. Et ce n'est sûrement pas la bande d'enfants de tous âge qui dira le contraire. La fraternité ça ne s'apprend pas, ça se ressent.

Un détour au magasin va encore changer la donne et les montagnes russes émotionnelles sont de retour. Nous nous séparons le temps d'une course car il n'y a pas de place de parking disponible. Laurent fait un tour du bloc et se retrouve coincé dans une rue dont chaque maison possède un balcon exactement à la hauteur de la capucine de notre cher camping car. Un tournant un peu trop aigu et c'est l'impasse. Nos sept mètres ne passent pas dans cet angle...il faut faire marche arrière ! Trois tonnes et demi réparties sur sept mètres de long, trois mètres de haut et plus de deux mètres de large doivent reculer dans une rue à sens unique ! Il y au moins cinq voitures derrière lui. C'est juste le pire cauchemar au volant. Les enfants n'ont jamais été aussi calmes. Dans la rue, personne ne l'aide. C'est encore là qu'on regrette le Maroc ! Les retrouvailles sont intenses, entre l'épreuve de l'un, seul dans une impasse, et l'impuissance de l'autre perdue trois rues plus loin. Lorsque l'on se retrouve tous ensemble le soir, le récit de son aventure fait rire aux éclats et c'est bon de réparer l'émotion de cette manière.


Après avoir partagé plusieurs soirées autour du feu et après-midis sur la plage, il est temps de se remettre en route, le Portugal nous attend. Cela fait une semaine que notre petit village de voyageurs de tous bords nous abrite et c'est évidemment très difficile de le quitter. Les embrassades sont longues et nous sommes cette fois certains de les revoir un jour, la connection est trop forte. Alors pas de larmes, pas d'adieu, simplement des promesses et des souhaits pour chacun. Les enfants sont particulièrement touchés, de vraies amitiés se sont tissées dans leurs cabanes, lors des courses à vélo et des constructions sur la plage. Les échanges de connaissances et de compétences sont impossibles à dénombrer, explicites ou implicites, c'est davantage une philosophie que l'on échange au coin du feu. Écouter leurs enfances en Pologne, leurs vies de comédien ou d'architecte, leurs projets pour l'avenir nous marquent et remettent sans cesse notre propre vie en perspective. C'était bien le projet, rencontrer la réalité de l'autre, ce qui l'a amené là où il se trouve aujourd'hui et ce qui continue de le pousser plus loin. Et puis parler de soi, de nous c'est aussi prendre du recul et ramener en conscience les choix que nous avons posés, les décisions que nous avons prises et les compromis que nous avons faits. Cela continue de renforcer nos certitudes mais aussi de remettre en question sans cesse ce qui nous motive.


Séville

Sur les conseils de nos amis voyageurs, nous prenons le temps de visiter Séville qui est sur notre route pour le Portugal. On ne le regrettera pas !

La ville est bondée, c'est le week-end, il fait chaud, le soleil tape. Les familles parcourent les parcs, les calèches sillonnent les rues, les artistes de rue habitent les trottoirs à notre plus grande joie. Le parc Santa Luisa est somptueux, un joyaux de nature luxuriante. La variété de végétaux et d'oiseaux présents rendent notre marche lente et langoureuse. On finit par s'échouer dans l'herbe, au pieds des orangers qui propagent une odeur délicieuse. Le chant des oiseaux est tout ce dont nous avons besoin pour partir chacun dans nos rêveries. Puis le soleil descend et la fraîcheur qui nous envahit nous rappelle que nous ne sommes pas encore en été. Retour au camping car qui nous attend sur un petit parking en périphérie de la ville, la nuit sera calme et ce sont les sabots des chevaux tirant leur attelage de touristes qui nous réveillent au petit matin.


Isla Cristina

Nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de la frontière portugaise. Isla Cristina est une petite ville côtière tout à fait charmante. Nous avons trouvé notre paradis du jour, un sous-bois à une cinquantaine de mètres de la plage. Cette petite forêt d'eucalyptus n'a que les moustiques comme défaut, pour le reste, les espaces entre ombre et soleil sont nombreux et délicieux. Après-midi à la plage et début de soirée à la foire toute proche. Les auto-tamponneuses ravissent nos enfants et nous rappellent des souvenirs d'enfance pas si lointains. Un sac de churros pour terminer la journée et nos papilles se saturent de sucre et de graisse en un instant parfait.


Passage au Portugal, Loulé

Nous franchissons enfin la frontière portugaise, traversée d'un monstre de métal qui enjambe le Guadiana, un fleuve qui marque la limite entre les deux pays sur des kilomètres.

Au revoir l'Andalousie, bonjour l'Agarve.

La côte est magnifique, les routes paisibles et la langue incompréhensible.

Loulé est une petite ville au bord de l'Atlantique dont la digue a des airs de la côte belge. On s'y promène de long en large, on traîne sur la plage et on randonne entre les pins parasol. Lecture dans un transat ou cornet de glace en terrasse, tout nous ravit. Nous nous sommes posés à l'est de la ville, le long de la mer, vue sur l'océan. Le soir, les lumières de Loulé s'allument d'un côté et celles des bateaux à l'horizon scintillent de plus loin encore, comme des étoiles tombées dans l'eau. Le vent s'est levé et a bercé notre grosse boîte à bonheur. C'est fou comme on s'habitue aux bruits depuis l'intérieur. Le vent qui souffle dans les lanterneaux, la pluie qui picore la carrosserie, le ressac des vagues et le chant des oiseaux. Chaque nuit a une empreinte sonore unique, certaines sont inoubliables.


Portimao

Journée musicale sous le soleil portugais. Au son de l'accordéon, de la guitare et des percussions, nous nous laissons aller sous les regards parfois amusés de nos voisins de parking. Jouer seul crée une bulle, jouer ensemble crée une atmosphère. Alors nous entrevoyons la possibilité de jouer en public et d'amuser davantage de monde. On en discute, emballement et réserve, chacun y va de son sentiment.

Parallèlement à ces nouvelles envies, nous découvrons la région qui est tout simplement sublime. Les falaises dessinent une côte irrégulière et accidentée. Au détour d'un précipice, une plage apparaît en contrebas, sable fin qui longe la roche abrupte.

Des morceaux de falaise sortent de l'eau au large, comme abandonnées par le continent. On dégringole des hauteurs jusqu'à cette grande étendue où la mer et la terre se rencontrent, les vagues sont comme des embrassades, parfois douces, parfois violentes. Nos enfants ont déjà enfilé leurs combinaisons, nous peinons à les suivre tant l'enthousiasme leur donne des ailes, ou des nageoires. L'eau est délicieusement fraîche et accueillante, le sable doux et moelleux. Dans ce décor de film d'aventures, la baignade a quelque chose d'unique, on se sent privilégiés, souvent.


Aljezur

Le flanc de falaise est plus abrupt dans cette région, la roche plus foncée, la plage est un océan de galets. Pas un nuage dans le ciel. Au-dessous du soleil, la mer est aveuglante. Postés sur les hauteurs, on voit plus loin, plus profond. On se rappelle qu'il y a tout un monde sous la mer, avec ses animaux, ses végétaux, ses montagnes et ses vallées. Quel silence doit y régner. En surface, l'eau est bruyante, agitée, sa rencontre avec l'air semble la transformer.

On descend sur la plage par un sentier que l'on doit presque inventer, une file de quatre qui se suit sur la montagne. Gabriel aime être l'éclaireur, savoir nos pas dans les siens.

En bas le bruit du ressac est assourdissant, un vrombissement constant. Quand une vague se retire et que la suivante est un peu trop proche, elles s'enroulent et fusionnent, sans plus trop savoir dans quel sens couler.

Le lendemain, à marée basse, c'est une autre plage que l'on découvre. Un tapis de roche strié parsemé de flaques où baignent des coquillages et des étoiles de mer. Les algues qui tapissent le sol de pierre ajoutent du vert au paysage et teintent l’eau de reflets turquoise. Les vagues sont plus nombreuses, heurtant les rochers, créant des courants et s'entrechoquant entre elles. Le vent est doux, il tempère le soleil et fait flotter les oiseaux au dessus de la cime des falaises. Tout est tranquille.


Sines

Plage de gros sable, d'épais grains de toutes les teintes beiges et de toutes les textures possibles. Cela le rend évidemment plus lourd donc moins enclin à vous moucheter le visage au moindre coup de vent, c'est appréciable. Cela n'entame en rien sa douceur et laisser ses pieds s'enfoncer dedans s'avère être une sensation très satisfaisante. Le bilan est vite fait, ce sable est un atout majeur de cette plage. Les vagues forment d'épais rouleaux de neige fraîche qui viennent fondre sur le sable à une vitesse surprenante. Elles ne semblent pas si rapides au moment de leur formation mais quand la crête se forme et que le point de rupture est atteint, elles retombent sur elles-mêmes et entament une course frénétique jusqu'à la plage.

Les enfants font la chasse aux coquillages et décorent leurs châteaux éphémères avec leurs trouvailles. Le soleil tape plus fort, le léger vent frais pourrait nous le faire oublier. Des promeneurs passent, leurs chiens viennent nous présenter le morceau de bois qu'ils trimballent fièrement. Des pêcheurs somnolent à côté de leurs cannes, ces patients de nature sont un point commun entre toutes les plages.


Lac d'Alcacer

Nous quittons momentanément la côte et nous nous installons au bord d'un lac, de la nature à perte de vue. Nos moussaillons découvrent une autre étendue d'eau, plus calme, immobile même. La planche de surf fait office de barque, une rame et c'est parti pour de nouvelles aventures. Plus tard, lancer de cailloux et ronds dans l’eau, les ondes circulaires se croisent et forment un mandala naturel. Le bruit de la pierre qui heurte la surface dépend de sa taille et de la force du jet, on peut alors créer toute une mélodie. Les gerbes d'eau brillent au soleil, comme des éclaboussures d'étoiles. Fini le bruit des vagues, c'est le chant des oiseaux et des criquets qui habille l'atmosphère. Fini l'horizon dégagé, ce sont les cimes des arbres qui le dessinent désormais. Soudain, des clochettes tintent par dizaines, un troupeau de chèvres a envahi la rive opposée.

Le soir, le rose dont le ciel se pare se reflète dans le lac, tout un dégradé pastel en miroir.


Lisbonne

C'est avec énormément d'entrain que nous partons à la découverte de Lisbonne, première capitale que l'on visite en voyage. Nous avons trouvé une aire pour camping-cars en périphérie de la ville, à deux pas d'une station de métro. Une femme nous voit tourner autour du plan des lignes et se donne la mission de nous orienter. Pour entrer dans la vieille ville, il nous fait enjamber le Tage, un bras de mer qui s'enroule autour du centre de Lisbonne. Deux possibilités s'offrent à nous, le train qui passe sur le pont ou le bateau qui fait des navettes toutes les heures. Il ne nous faut pas longtemps pour nous décider pour la deuxième option. Un tram et nous voilà au terminal maritime de Cacilhas. Dix minutes de bateau plus tard, nous accostons au bord de la vieille ville, le centre historique. Nous empruntons la grand avenue qui longe le Tage où bus, trams, taxis, vélos, trottinettes, et piétons se côtoient avec beaucoup de courtoisie. Les bâtiments qui la bordent sont de toutes les couleurs, les monuments se succèdent pour le plus grand plaisir des enfants.

Gabriel a pris un petit carnet avec lui et dessine tout ce qu'il croise, Léa prend le rôle du photographe. Ils posent mille questions sur l'âge des bâtiments, les personnages représentés, leurs fonctions, nous bredouillons en feuilletant le petit guide et sa carte. On tend l'oreille en croisant des visites guidées.

La cathédrale de Sé de Lisboa est ouverte à tous avec comme seule consigne le chuchotement. Nos petits historiens ne manquent pas de nous bombarder de questions quand même, mais tout bas. Que représente telle fresque ? Pourquoi Jésus a-t-il des trous dans ses mains ? Est-ce un tombeau ? Y a-t-il encore quelqu'un dedans ? Nous lisons avec eux les panneaux, nous faisons des hypothèses.

Quel bonheur de les voir si curieux, si tenaces. Plus tard, on se perd dans le dédale de petites rues qui mènent au château Sao Jorge, ça monte ! On finit par s'échouer à la terrasse d'un café, on grappille un peu d'ombre et de fraîcheur. Puis nous rejoignons une des artères les plus touristiques ; restaurants, pâtisseries et artistes de rues. On flâne entre les hommes statues et les danseurs de hip hop, et l'après-midi se termine en léchant une glace plutôt décevante. Retour en bateau, nos jambes peinent à nous porter et en regardant notre trajet sur la carte, on comprend pourquoi.




Retour en Belgique

Notre présence à Lisbonne est aussi l'occasion de prendre l'avion. Petite escapade en cours de voyage, retour au pays pour rencontrer une petite cousine née il y quelques semaines. Nous ne sommes que trois à faire le trajet, Laurent restant au Portugal auprès de notre maison sur roues.

Pas facile de se séparer même s’il était impossible de ne pas rentrer pour un tel événement, et quel événement ! Bouffée d'amour et de joie en approchant du berceau de Charlie. Nouvelle petite personne dans ce monde, quelle émotion de la prendre dans nos bras, de croiser son regard si intense. Elle a déjà une place si importante dans nos vies, malgré la distance, malgré l'absence. On lui a construit un mobile de coquillages et autres cadeaux de la nature ramassés sur notre route, afin qu'elle sente notre présence et notre amour qui grandit avec elle.

Serrer les êtres chers dans nos bras n'a pas de prix, quel accueil on nous réserve pour ces quelques jours, et quel bonheur de partager le nôtre.

Et pourtant, nous emportions un petit morceau d'inquiétude dans notre poche en quittant notre quotidien... Allions-nous fissurer la bulle dans laquelle nous vivons depuis quelques mois ? Allions-nous supporter d'être séparés même pour quelques jours ? Finalement, il semble que le lien qui nous unit peut tenir la distance, un lien assez fort qui se tisse au travers de l'Europe, du Portugal à la Belgique. Comment avions-nous pu en douter ?

Alors on profite, on emmagasine le plus de tendresse possible afin que ce nouveau lien tienne lui aussi la distance. Les enfants découvrent leur cousine les yeux plein d'amour et de fierté. Un peu intimidés certes par ce nouvel être qui fera pour toujours partie de leur vie. On aime, on construit, on tisse, on partage, on vit… Qu’y a-t-il de plus important que les rencontres et les relations qui se créent ? Cela fait un moment maintenant qu'on sait que c'est ça la vie, se laisser toucher par l'autre.


De retour au Portugal, on se raconte nos aventures récentes, on partage nos émotions puis nos envies pour les prochains jours.

C'est étrange cette sensation de retrouver notre "chez nous", sa définition a tellement changé. Maintenant c'est chez nous partout où notre camping car nous emmène...

Laurent l'avait bien dit : "On a tenté de laisser aller notre vie pour voir où elle allait nous mener. Résultat, c'est l'univers qui fait notre agenda."



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