Maroc : la remontée... et la mer


Le Maroc continue de nous surprendre et de nous bousculer autant qu'il nous berce et nous réconforte. Ce pays est soufflant !


Iminifri et l'espace Tamount

Nous sommes arrivés à Iminifri en fin de journée. Internet nous a appris qu'un homme avait bâti ici un domaine destiné à faire vivre l'artisanat local, il n'en faut pas plus pour nous décider à y aller. La première chose que l'on aperçoit en arrivant, c'est l'hôtel. Rapidement on nous indique où nous garer gratuitement, des douches sont à disposition. Nous demandons s'il est possible de manger, après une journée de route, pas envie de cuisiner. Nous pouvons commander au restaurant de l'hôtel, ce que nous faisons. On nous présente le patron, Hafid, qui a monté ce projet. Il ne gère pas l'hôtel mais tout le domaine que l'on découvre à l'arrière, l'espace Tamount.

Après une bonne nuit de sommeil, nous partons explorer ce lieu si particulier. Nous retrouvons Hafid qui s'apprête à presser le olives récoltées quelques semaines plus tôt. Les enfants aident l'âne à faire tourner la grande roue de pierre qui écrase les fruits. La purée ainsi créée est ensuite placée dans de gros paniers sous une immense presse. L'huile qui en sort est réceptionnée tout en bas dans une cuve.

Nous passerons finalement toute la matinée avec Hafid. Il nous présente la philosophie de cet endroit, nous explique comment il l'a créé et pourquoi. Hafid aime sa région et a toujours eu le projet de faire vivre et revivre le Haut Atlas. Beaucoup de métiers et de savoirs se perdent au profit des plus grosses industries. Il a donc bâti un complexe qui accueille tous les artisans des montagnes afin qu'ils puissent pratiquer leur savoir-faire. Il y a un tour de potier, une menuiserie, une presse à huile, un jardin d'herbes médicinales et aromatiques, un potager et bien d'autres espaces invisibles à nos yeux. Il aime prendre le temps de présenter son travail et celui des locaux. Autour d'un thé, il nous raconte sa vie et ses espoirs pour l'avenir. Il aimerait que ce lieu perdure longtemps après lui. Cet échange tisse un lien particulier et nous permet de comprendre le sentiment que nous avons eu tout de suite en arrivant la veille, il y a une âme dans cet endroit. Ici personne ne court après l'argent ou le temps, on prend le temps de vivre, de partager. Tout le monde participe à toutes les tâches, il n'y a pas de sous-métier. Inévitablement nous faisons des liens avec d'autres endroits que nous avons déjà rencontrés, comme l'école de Clerheid par exemple. Il y a quelque chose d'universel et de profondément humain dans cet état d'esprit. Il traverse les frontières et les cultures visiblement.

Cet après-midi nous sommes allés découvrir le pont naturel à quelques minutes de marche. D'ailleurs Iminifri signifie la bouche de la grotte en berbère. Le lieu est classé comme site  d'intérêt biologique et écologique. La faune et la flore y sont très riches, les cascades qui descendent dans le gouffre sont magnifiques. Le pont fait 80m de haut, un escalier permet de descendre tout en bas. Nous entamons la descente sous une nuée d'oiseaux qui tournent au-dessus du vide et viennent nicher au milieu des stalactites. Une petite corniche permet de grimper le long de la paroi, on découvre alors un ancien village pygmées creusé dans la roche. L'autre côté du pont par lequel nous sortons est tout à fait étonnant, l'arche de pierres a presque parfaitement la forme du continent africain ! De la mousse verte orne les rochers les plus bas, on se sent au cœur de la nature malgré les quelques marches ajoutées par l'homme. Il y a une ambiance de jungle ici bas. La remontée est longue et nos jambes chauffent en regagnant les hauteurs. Après cette visite, nous nous demandons comment nous avons pu rouler au-dessus de cet œuvre naturelle sans s'en être rendu compte !


Ouzoud et ses cascades

Les cascades d’Ouzout nous ont émerveillées. Nous démarrons en haut des chutes, elles tombent dans un bassin en contrebas qui s'écoule ensuite dans la vallée. Cette dernière est étroite, comme une faille dans la roche. On longe la falaise puis on descend dans le gouffre par un sentier forestier. Le chemin est bordé de cahuttes en bois où l'on sert des tajines et autres spécialités. C'est étrange de se promener en pleine nature avec des odeurs de viande grillée. Le chemin est irrégulier, les enfants sautent de racine en rocher comme des petits cabris, c'est leur nouveau surnom. Plusieurs petits sentiers s'échappent sur les côtés et offrent de nouvelles vues sur les cascades. Au détour d'un arbre, Léa se met à crier. Un macaque vient de lui sauter sur l'épaule et s'est assis sur la rambarde en bois. Il nous faut quelques secondes avant de comprendre ce qui l'a fait sursauter tant l'animal est rapide. Elle transporte un petit sac plastique rempli de fruits secs, cela n'a pas échappé au singe qui la fixe, attendant son dû. Après avoir repris ses esprits, elle s'approche, tremblante et lui tend quelques cacahuètes.

Délicatement, il vient les chercher dans sa main et ses congénères viennent se joindre au festin. Nous comprenons qu'ils sont habitués aux touristes, et aux sacs plastiques. Ils nous suivent jusqu'au bassin principal, en bas des chutes. Des petites barques permettent aux visiteurs de parcourir l'étendue d'eau et de se rapprocher de l'attraction principale. Nous traversons le petit pont, laissant nos nouveaux compagnons derrière nous qui ont déjà trouvé de nouveaux bienfaiteurs. On remonte la falaise par l'autre côté, l'ascension est raide. Plusieurs plates-formes permettent de faire une pause et nous gâtent de nouvelles vues sur cette nature luxuriante. La mousse présente sur la roche autour de l'eau est d'un vert éclatant. En se rapprochant, un fine bruine nous rafraîchit, l'eau tombe avec tant de force que des goutelettes ricochent partout. Le soleil qui les traversent crée des arc-en-ciels qui ajoutent de la féerie à l'ensemble. C'est magnifique…



Pour la première fois, la météo change...

Nous sommes arrivés au bord du lac de Ouaoumana en fin d'après-midi. Le vent s'est levé dans l'heure qui a suivi, un souffle puissant qui faisait siffler les lanterneaux et trembler le camping car. Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre que nous ne pourrions pas rester, notamment parce que le sable présent tout autour de nous commençait à créer des nuages aveuglants et n'allait pas tarder à devenir impraticable. Nous décidons donc de remonter le sentier que nous avions emprunté après avoir quitté la route principale. A peine arrivés au bout du chemin, la pluie se met à tomber et des ruisseaux se créent tout autour de nous, les roues patinent. En retrouvant la route bitumée, un soulagement nous remplit, qu'aurions nous fait si nous étions resté au bord du lac en contrebas ! Un homme s'approche de la fenêtre conducteur et nous propose de venir boire un thé chez lui. Impossible de refuser vu son sourire, l'humidité et le froid qui viennent de nous surprendre. Noureddine nous ouvre sa maison, nous trouve un endroit à l'abri pour nous garer, encore un ange gardien… Autour du poêle à bois, une tasse brûlante entre les doigts, il écoute nos aventures. On lit de l'incompréhension dans son regard lorsqu'il apprend que nous n'avons plus d'attache matérielle, que nous ne sommes pas concentrés sur notre destination mais sur le chemin qui nous y conduit. Noureddine est belge, son français est parfait, il vit à Bruxelles et passe quelques mois par an à s'occuper de son domaine au Maroc. D'ailleurs il vient d'aller chercher 500 jeunes amandiers qu'il prévoit de replanter derrière ses oliviers. Sa famille est restée en Belgique, ils ne viennent que l'été. Nous prenons des leçons d'économie, d'histoire, de politique, il s'y connaît Noureddine. Mais quand il aborde le chapitre voyage, un petit sourire se dessine au coin de nos lèvres… Noureddine veut nous aider à planifier davantage notre aventure. “Vous n'auriez pas dû prendre par ici, la route à l'est est plus belle, vous ratez des sites touristiques. Vous n'avez pas préparé votre circuit ? Vous ne devriez pas dormir en pleine nature, vous pourriez rencontrer des problèmes. Vous devriez avoir des roues plus adaptées… ”. Nous percevons toute la bienveillance dans son discours mais nous sentons aussi qu'il ne comprend pas l'esprit que nous tentons de cultiver. La majorité des endroits que nous avons découverts nous ont été conseillés lors de nos rencontres. Internet a fait le reste. Nous ne ressentons pas de déception en passant à côté d'un site où d'une ville, nous n'avons pas d'attente particulière si ce n'est de profiter de ce que le voyage nous offre, sans cesse. Nous sommes partis pour voir le monde, pas pour le traverser. “Noureddine, si nous avions pris la route plus à l'est, nous ne t'aurions pas rencontré… “. “C'est vrai” répond-il pensif.

La soirée se terminera comme souvent autour d'un délicieux tajine cuisiné à quatre mains. Les enfants ont profité des jouets présents dans la petite chambre. En les voyant tomber de fatigue, nous souhaitons bonne nuit à notre hôte.

Le lendemain, nous proposons notre aide à Noureddine pour replanter ses arbres mais la pluie a rendu le sol trop boueux pour la tâche. Alors il nous montre une source d'eau claire pour remplir nos bouteilles, nous emmène ensuite chez un de ses amis qui possède une ferme, Driss. Les enfants adorent. Ils jouent avec les chats, caressent les ânes et poursuivent les poussins dans la cour. Driss nous propose de rester manger, encore un tajine, on ne s'en lasse pas. Le pain qui accompagne le repas est certainement le meilleur qu'on ait mangé. Croustillant dehors et moelleux dedans, les enfants vont jusqu'au mal de ventre. La femme de Driss est fière de voir son repas englouti tout entier. Un bon thé pour nous aider à digérer et nous revoilà sur la route, direction Meknès.


Meknès

Bien que nous soyons peu friands des villes, nous ne pouvions pas passer dans la région sans visiter Meknès. Cette cité impériale regorge de monuments magnifiques. Les remparts qui entourent la médina rappellent l'époque où la ville est née, le Moyen Âge. L'architecture est particulière, mélange de styles orientaux, africains et européens. C'était apparemment l'intention du sultan qui en est à l'origine. Nous traversons les ruelles les yeux grands ouverts, émerveillés par autant de mosaïques, de couleurs et d'ornements en fer forgé. Surnommée la ville verte à cause de la couleur de ses toits, elle fut autrefois la première capitale du Maroc et ses habitants semblent très fiers de leur patrimoine. Ils ont raison, ce n'est pas pour rien qu'elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Meknès nous impressionne et nous étonne. Nous parvenons même à faire abstraction de tout le bazar présent comme à chaque fois sur les grandes places, la pêche aux touristes. Pas le temps d'admirer la vue qu'un homme a déjà posé un serpent sur les épaules de Léa et nous propose de faire une photo. Seulement on sait maintenant que c'est payant, il ne nous le dira qu'après. Voilà, c'est le jeu, il faut juste apprendre à passer son tour.

En remontant vers la porte ‘Bab Mansour’, des odeurs sucrées nous chatouillent les narines. Des étals de pâtisseries s'offrent à nos yeux gourmands, comment peut-on y résister… Même les guêpes y succombent par dizaines. Nous commandons un assortiment, trois euros le kilo c'est peu pour le goûter qu'on s'apprête à prendre. Nous parvenons à résister le temps de trouver un petit café ou s'attabler autour d'un thé à la menthe. Et l'après midi se termine ainsi, autour d'une dégustation purement exquise. Les petits gâteaux tout collants s'agrippent à nos molaires, le miel qui les enrobent a le goût des fleurs, c'est divin. Nous réussissons même à en garder pour plus tard… La lumière descend et les remparts rougeoient davantage au soleil de fin de journée. Les ombres des calèches s'étirent sur la route, le bruit constant des sabots sur le bitume résonne comme un battement de cœur. Les nôtres sont paisibles et heureux, heureux de partager tant de beauté.


Chefchaouen

Le soleil s'est couché sur la ville bleue, des milliers de points lumineux sont apparus dans la cité. Nous sommes garés dans un parking sur les hauteurs avec une vue magnifique sur les façades azur de Chefchaouen. L'obscurité n'est pas encore tombée, nous sommes à cet instant entre le jour et la nuit où la lumière baisse et dessine des contours sombres autour des silhouettes. Léa et Gabriel courent sur le haut des arènes du terrain de foot. Tant de liberté transpire de cette course…

Nous avons passé l'après midi à nous promener dans la médina. Le bleu rayonne de la ville comme une identité propre. Les variations d'intensité rendent parfois la distinction entre les maisons et le ciel confuse. Malgré l'attrait touristique pour la ville, il émane une grande tranquillité dans ses rues.


Plein Nord

Nous avons retrouvé la mer, comme on retrouve une vieille amie qui vous a manqué et qui ne vous déçoit jamais. Elle est toujours là. Elle vous attend. Tout le monde a déjà pris rendez-vous avec la mer, et elle honore ses promesses sans ciller. La preuve étant que quelle que soit la mer, il y a toujours quelqu'un pour la regarder.

C'est la côte méditerranée du Maroc que nous décidons de découvrir cette fois, en commençant par Oued Laou. Plage de galets et de gros sable gris. Il y a quelque chose de la Normandie dans cet ensemble. La mer par contre est bleu turquoise, les vagues sont courtes et basses, l'eau est tranquille. Le bruit du ressac reprend sa place en fond sonore, calmement, comme s'il ne nous avait jamais quitté. Le soleil est haut et chaud, il aime être la star de la journée. Tours de galets et sauts dans les vagues, l'après midi peut s'écouler paisiblement.

Deux jours plus tard, toujours au bord de la même plage, on ne parvient pas à quitter cette Méditerranée. Calme, apaisante… Pas âmes qui vivent dans les environs, cette partie de la petite ville ne vit qu'en été. En plein hiver, toutes les maisons de la rue sont vides, volets fermés, ambiance fantomatique. Seuls au milieu de cet endroit, nous avons la sensation de l'habiter. Quelques voitures passent et viennent se garer au fond de ce cul de sac que nous avons investi. Certains restent dans leurs véhicules, musique forte, siège abaissé avec vue sur mer. D'autres sortent se promener ou étendent un petit tapis pour se poser. Mais on peut les compter sur les doigts d'une main ces vacanciers éphémères.

De notre côté, des petits transats, une bouteille d'eau, de la crème solaire et des fruits nous assurent une après-midi très satisfaisante. Tours de galets, village de tours, destruction du village et création d’un nouveau jeu, très satisfaisant également. Tout d'abord, le choix du projectile est primordial, il doit être de la bonne forme mais ne peut dépasser une certaine taille, comme un caillou pour ricochets. Ensuite seulement, tous alignés, la démolition des constructions peut démarrer. Le meilleur viseur étant bien sûr celui qui en fait tomber le plus.

Troisième matin au bord de la même plage. On ne voit pas de quoi on pourrait se lasser. Un parking bitumé, à savoir la meilleure piste de rollers et trottinette. Une plage de galets, excellent terrain de foot, de contemplation, de construction, de détente.

Des voisins très agréables, deux jeunes couples en vieux camping car et camion aménagé. Directement arrivés des années septante, tout concorde : le moyen de transport, les pantalons et les cheveux trop longs, les t-shirts colorés et l'esprit de la liberté. Ces français du nord sont devenus les meilleurs amis de nos enfants. Les parents ne s'en plaignent pas. On partage des crêpes, un couscous, quelques parties de palet vendéen. Et le temps s'arrête à nouveau.

Impossible de ne pas se faire attraper par la mer, à un moment elle vous prend dans ses filets. La contemplation est comme un appel inéluctable. Des barques de pêcheurs passent, dans un sens ou dans l'autre. On sait si la pêche était bonne au nombre de goélands qui prennent le bateau en filature. Un horizon aussi droit et vaste, ce n'est pas souvent qu'on en croise un. Alors on le fixe, on admire sa symétrie. Tant qu'il y a des vivres, le temps peut s'écouler au rythme de son choix, il ne nous impacte pas.

Stehat

Nouvelle plage plus à l'est, même mer, mêmes barques. Le sable est plus fin mais toujours aussi foncé. Les enfants escaladent les rochers, leurs genoux nus sur la pierre nous font serrer les dents. Mais ils sont habiles et bondissent comme des cabris en criant après nous. Nos petits transats ont repris leur place, mirador et salon d'extérieur. Un bouquin, un thé, le ressac et le soleil s'associent pour faire le reste.

Drôle de scène en bordure de plage, plusieurs femmes ont suivi un homme en haut d'un rocher, pour prendre des photos. Elles ne semblent pas savoir en descendre. L'une après l'autre elle explore un morceau de leur île à la recherche d'une pente acceptable mais elles ne parviennent à se décider. Les gloussements se transforment en rire nerveux, l'homme en bas rit à gorge déployée. Il ira finalement les chercher.


Anniversaire de Gabriel

Nous longeons la côte et ses falaises baignés d’une lumière étrange. Le ciel est couvert, la mer est d'un gris d'encre profond qui dessine l'horizon d'une lame acérée. Une fine couche blanche sépare la terre du ciel comme un duvet cotonneux. De temps à autre des faisceaux traversent les nuages et éclairent la roche de reflets métalliques. La pierre est saillante, brillante même. Les sommets des montagnes sont cachés dans une épaisse brume, on sent le ciel plus bas, on dirait que les nuages descendent en ville.

Au nord du Maroc, les gens parlent plus facilement espagnol que français. Ils portent des chapeaux de paille, parfois ornés de petits pompons, visière large et dessus en pointe. Leurs vêtements sont plus colorés, les animaux toujours aussi nombreux.

On s'arrête à Jehba, sardines grillées et tajine de poisson sur le port. Plusieurs ruelles terreuses partent de l'unique hôtel qui trône au milieu des camions et des bateaux. Chemin de traverse bordée de coqs qui picorent la crasse, la patte attachée à une grosse pierre, d'ânes surchargés et patients. Les étals de poissons débordent, les yeux vitreux des animaux semblent nous fixer au milieu de la glace. Les gens circulent, nombreux, bruyants. Des petites échoppes les absorbent régulièrement lorsqu'ils longent les façades. Arrive le marché aux fruits et légumes, les cageots sont comme mille pots de peinture qui forment un ensemble spontané et organisé. On a envie de puiser de chaque couleur et notre panier se remplir d'une constellation colorée de tomates, courgettes, citrons, poivrons,... Tout sent bon. Comme c'est l'anniversaire de Gabriel, nous cherchons les ingrédients nécessaires à son gâteau. Le beurre et la crème sont les plus difficiles à trouver, on cherche des alternatives.

Plus tard dans l'après-midi, la route caillouteuse ne nous a pas fait de cadeau, on a mérité la petite plage où l'on vient d'accoster. Large crique formée par deux falaises de part et d'autre. Sur l'une d'elle se dressent trois tours aux allures médiévales. Ça annonce une exploration intéressante… Personne sur la plage, quelques habitations et les habituels animaux en périphérie.

L'odeur des crêpes a envahi notre habitacle, un gâteau se prépare… Un empilement de crêpes séparées par une couche de ganache au chocolat. Le goûter s'annonce copieux et gourmet !

Le résultat ne s'avère pas à la hauteur, il apparaît que la farine que nous avons achetée n'est pas celle que l'on espérait. Les crêpes sont cartonneuses. Oh non… Nous allons devoir refaire un essai !

Rencontre d'enfants

Toujours en bord de Méditerranée, la nuit fut calme, les chiens ont cessé leurs querelles avant que le sommeil nous emporte. L'excitation de la naissance d'une nouvelle petite cousine a retardé le coucher certes mais n'a pas empêché Morphée de nous envelopper.

Ce matin, ciel encore couvert, vent léger, vagues tenaces et galets mouillés. Le décor n'a pas changé. La nuit apporte son lot de rêves qui ne dépaysent plus autant qu'avant. Alors au réveil, la vie est toujours là, inexorablement libre et accueillante. On a l'impression que chaque jour nous attend avec impatience.

Partie de foot, jonglerie et musique avec nos nouveaux voisins, un couple de jeunes suisses qui voyagent dans un van aménagé. Ils l'ont construit de leurs mains et l'intérieur tout en bois possède un cachet unique. Un petit poêle miniature assure du chauffage quand ils grimpent dans la montagne. Il ne leur manque qu'une salle de bains, pour le reste tout y est. Pour compléter cette après-midi musicale et artistique, des enfants viennent se joindre à nous. C'est assez surprenant, au Maroc nous les voyons toujours de loin. Sur le bord des routes, ils font toujours signe. En rue ils se cachent derrière leurs parents ou nous regardent de loin. Alors c'est avec beaucoup de gratitude que nous les accueillons dans nos jeux. Zacharie et son frère viennent essayer le matériel de jonglerie, jouent au foot ou ouvrent de grands yeux sur l'accordéon et la guitare. Ils reviendront le lendemain et le jour d'après...