Le bocal des réussites


La rencontre… Elle est au cœur de notre vie, elle est la raison de notre départ, elle vit à nos côtés.

Rencontre d'autres âmes qui habitent et parcourent ce monde.

Rencontre d'autres idées, d'autres aspirations et d’autres croyances.

Rencontre d'horizons plats ou charpentés, d'espaces vastes et infinis et d'autres étriqués et surpeuplés.

Rencontre de nouveaux goûts, de nouvelles musiques, de sensations légères ou intenses.

Ce projet, nous l'avons rêvé pendant deux ans. Deux années d'efforts, de réjouissance et de persévérance.

Léa avait à l'époque proposé une idée qui s'est par la suite épanouie de manière exponentielle. Un concept présent dans sa classe et qui a trouvé sa place dans notre famille grâce à elle.

Il s'agit du bocal des réussites.

À l'école, à chaque fois qu'un enfant ou un groupe d'enfants accomplit un effort, une action qui compte, une victoire, il peut aller mettre un caillou dans le bocal sur lequel on a tracé une ligne et lorsqu'elle est atteinte, on célèbre, c'est la fête !

Alors durant toute la durée de cet avant-voyage, nous avons nous aussi pris soin d'y mettre un caillou à chaque fois que nous accomplissions quelque chose dont nous étions fiers, une action qui nous avait parfois coûté. Ce bocal s'est rempli au fur et à mesure, la taille des pierres commençant à varier en fonction de l'effort fourni. Et quand il a été plein, nous sommes partis. Le départ a été notre manière de célébrer toutes ces réussites.

Mais Léa ne s'est pas arrêtée là, ce serait mal la connaître. Elle a proposé d’offrir un caillou à chaque personne que nous rencontrons et avec qui un lien se tisse, un échange se produit.

Comment expliquer avec des mots ce que cela a créé... Nous avons vu des regards s'illuminer en recevant ce symbole, des airs surpris, réjouis et parfois déconcertés. Mais à chaque fois, nous avons pris le temps d'expliquer, parfois même avec des gestes lorsque la barrière de la langue était trop forte. C'est d'ailleurs incroyable de voir le simple caillou prendre de la valeur dans la main du bénéficiaire au moment où il comprend ce qu'il signifie. Alors comme des petits Poucets de l'amitié, nous avons semé nos cailloux dans quatre pays déjà, et on ne s'arrête pas là…


À l'aube de notre départ, Laurent avait dit :  “Nous avons des amis partout dans le monde, nous ne les avons juste pas encore rencontrés”. Comme il avait raison, et pourtant aujourd'hui ce n'est plus tout à fait vrai. On en a déjà rencontré un paquet !

Et le fil de l'amitié peut prendre différentes couleurs, différentes textures. Il est parfois en laine et parfois en acier. Alors nous savons maintenant de source sûre que nous en reverrons certains. Merci à eux d'avoir transformé nos cœurs, chaque fois un petit peu.


À vous, tous ceux qui sont chers à notre cœur depuis longtemps et que nous avons quitté le temps de cette aventure, ne croyez pas que vous êtes oubliés, on vous emporte partout avec nous.